True Love
Tout en se dirigeant vers la maison de son petit ami en colère, elle tremblait de se faire rejeter encore par lui… Quinze jours qu’ils ne s’étaient pas vus, c’est le tout début de leur relation et cette séparation est assez dure à vivre… Pour l’un comme pour l’autre, c’était la dernière chose qu’ils auraient voulu… Ses parents à elle étaient divorcés, et elle vivait chez sa mère qui ne la laissait pas sortir sans qu’elle sache où elle va, avec qui, pourquoi, et quand elle rentrera. Lui était libre mais assez occupé. Cependant Internet les aidait beaucoup à combler le manque de l’autre, et l’espoir que les jours les séparant soient plus courts… Sauf que l’autre soir, ils s’étaient disputés: elle, en avait marre d’être la secondité; lui, a senti son ego flancher. Du coup, il ne lui parle plus mais prétend l’aimer toujours, ce en quoi, elle n’est plus si sûre. Elle en parle à sa meilleure amie qui lui dit de donner beaucoup de tendresse à son petit ami, de lui dire qu’elle l’aime et qu’elle ferait tout pour lui… Ça n’aurait pas été des paroles en l’air, car notre adolescente de seize ans était éperdument amoureuse de son copain du même âge, s’il venait à mourir elle pourrait vendre son âme au diable pour qu’il ressuscite! Si elle pouvait, elle lui décrocherait la lune. Mais dans son esprit, il ne la croyait pas capable de tout ça si elle le pouvait, il doute de son amour pour lui, et ça la désempare plus que toute autre chose car chaque fois qu’elle lui demande si elle peut faire quoique ce soit pour arranger les choses, il répondait systématiquement:” Non rien.” et ça la rendait dingue de se sentir impuissante face à sa relation qui part en vrille… Ils ont déjà rompu une fois, une rupture d’une semaine pendant laquelle les étapes de toute une vie étaient franchies: La colère, la fièreté, le manque, la tristesse, la détresse, ils se parlent de nouveau, puis redeviennent amis, ensuite amis avec un petit plus, et pour finir amants de nouveau. Et là, elle sent que la rupture est inévitable et ayant horreur de se sentir impuissante: elle franchit le pas et va le voir directement chez lui. Elle lui a envoyé un texto disant qu’il devait l’attendre à l’entrée du quartier résidentiel car elle ne connaissait pas vraiment cet endroit et qu’ils devaient parler. Il ne lui répondit pas, mais elle espérait secrètement qu’il veuille bien faire ce qu’elle dit. Arrivée au tournant, elle commença à trembler comme une feuille et avec ça, toutes les pensées les plus absurdes et abracadabrantes du monde lui traversèrent l’esprit: et s’il était avec une autre fille? Et s’il ne voulait vraiment plus d’elle? Et si jamais il allait profiter de cette entrevue pour rompre? Et si…? Trop tard pour y penser, il est là, l’air las, dos et pied droit contre le mur, les mains dans les poches de sa veste à regarder le sol. Il fait nuit, personne à l’horizon excepté nos deux tourtereaux en froid. Elle s’avance, le bruit de ses hauts talons résonne dans l’impasse, il lève alors le regard vers elle mais ne sourit pas. Elle essaie de l’eviter de peur de perdre le contrôle d’elle-même. Arrivée à son niveau, il s’apprête à lui faire la bise mais elle se détourne pour en faire un long baiser plein de sentiments… Tout en douceur, il passe sa main sur la mâchoire inférieur de celle qu’il appelle “sa bébé” et l’attire encore plus vers lui pour rendre le baiser fougueux, elle se met sur la pointe des pieds pour arriver à sa hauteur un peu plus et entoure la tête de la personne la plus chère à ses yeux de ses bras couverts d’une veste en cuire noire. Il met fin au baiser pour la regarder droit dans les yeux, toujours aucune expression lisible, ce qui fendit le cœur de la jeune fille croyant qu’il ne ressentait plus rien pour elle, elle murmure un:” Je le savais…” et se retourne pour aller chez elle prévoyant déjà de se fourrer au fond de son lit et pleurer toutes les larmes de son corps, mais elle fut retenue, il la prend alors dans ses bras, les premières larmes coulent silencieusement, elle tente de les essuyer avant qu’il ne la voie mais trop tard, il a déjà desserré son étreinte et constate avec déception le sentiment qu’il inspire à sa dulcinée. Il pose alors les mains sur son cou gelé, et de ses pouces balaie les larmes qui s’apprêtaient déjà à aller mouiller le débardeur noir qu’elle portait. Il dépose un doux et bref baiser sur ses lèvres encore tremblantes et humides, puis lui murmure:” J’ai encore les boules mais c’est rien comparé à combien je t’aime. Pleure pas, j’aime pas te voir comme ça…” elle ne peut que lui hoqueter toujours tremblante d’émotion:” Je t’-t’aime.”… Il la fourre à nouveau dans ses bras, son étreinte dans laquelle elle se sent si en sécurité…